Sandisk Ultra Plus

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L'Ultra Plus est un SSD que nous n'attendions pas. La gamme de Sandisk n'a, peut-être jusqu'aujourd'hui, pas atteint le même éclat que le savoir faire du constructeur spécialisé et reconnu pour les gammes prémium de ses cartes mémoire.

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Le magma des offres plus ou moins originales en SSD, combiné à un choix on ne peut plus commun pour sa première itération (le léviathan des contrôleurs, le SandForce 2), n'a pas vraiment laissé de place au soleil pour la gamme Extreme côté performances.
Qu'à cela ne tienne, la gamme change d'appellation en passant d'un superlatif à un autre, mais procède aussi à une profonde modification de la feuille de route de la gamme Sandisk. Changement de NAND, changement de contrôleur, changement de bundle, et surtout, nouveau positionnement tarifaire.
Commercialisé autour de 170€ en bundle complet, ou un peu plus de 165€ nu, l'Ultra Plus rase les tarifs les plus bas du marché dans sa déclinaison de 256 Go. Pour un lancement de gamme, c'est on ne peut plus courageux.

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Parmi les éléments flatteurs de la nouvelle feuille de route, on trouve le contrôleur Marvell. Le 88SS9175, est une déclinaison plus légère du 88SS9187 déja croisé sur le Plextor M5 Pro. Capable de gérer uniquement 4 canaux de flash NAND, il est en parenté directe du vieux 88SS74 qui équipe toujours les Crucial M4 et anciens Intel série 510, tout en étant accompagné d'un buffer de 128 Mo suffisant pour 4 canaux.
Côté NAND, l'appellation des puces présentes est laconique (eX2-ABL), mais elles sortent vraissemblablement de la Fab 5 issue de la joint-venture entre Toshiba et Sandisk, et profitent donc d'un bus ONFI synchrone. De manière générale, la Toggle Mode NAND en 19nm n'est pas une nouveauté puisqu'elle équipait déja le Plextor M5 Pro, et en l'occurence, ne déméritait pas. Pourtant, plusieurs choses ont changé !

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Ce qui est tout à fait nouveau, c'est que le PCB est réduit à sa plus simple expression, et que seules 4 puces sont présentes. Du coup, on devine mieux qu'il s'agit de modules MLC en 2 bits par cellule de 64 Gb correspondant à la nouvelle révision B des Corsair GTX.
Sandisk reste pourtant peu locace dans sa fiche technique sur les cycles d'écritures supportés par sa NAND. Le MTBF paraît flatteur à 2 millions d'heures, mais nous aurions préféré connaître une donnée clef pour jauger du "rating" des puces employées. Si l'on en croit du coup Corsair, on pourrait supposer que l'on est en présence de modules 3K.

Comme l'Ultra Plus est garanti 3 ans, et le Corsair 2 ans de plus, on peut tout à fait imaginer que la réduction du coût est surtout due à une optimisation générale des coûts qu'une radinerie quelconque sur la NAND.

En effet, le disque est livré avec un mode d'emploi succint, et une astucieuse cale adhésive pour le faire passer de 7 à 9 mm d'épaisseur. Point. Question construction et finition ? Souci de l'économie aussi. Le carter en plastique n'est pas vissé, mais simplement clipsé, avec un plastique dirons nous, suffisant. Nous sommes loint de l'aspect alu brossé, mais une fois dans un boitier, qui se soucie vraiment de la matière sincèrement ?

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Si vous désirez plus d'accessoire, vous devrez les payer, de la même manière que Crucial le fait dans sa différenciation de bundles sur ses M4. Pensez donc, si besoin, à vérifier qu'il vous reste une nappe SATA au cas où. Sandisk nous a fourni un kit complémentaire comprenant tout ce qu'il faut pour transférer ses données et assurer la migration d'un disque mécanique, sur une machine fixe ou portable. Nous vous en touchons mot sous la présentation.

Il faut bien l'avouer, nous n'étions pas particulièrement curieux au départ de voir ce que Sandisk nous proposait, et petit à petit, ces choix presque atypiques redonnent un sentiment de "fait maison" qui nous attire déja beaucoup plus. Voyons donc ce que l'Ultra a de plus à nous offrir.


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Présentation

SSD : Sandisk Ultra Plus 256 GB (SDSSDH2256G) S/N : 130392401562
Firmware : X211200
Taille formatté 4K aligned : 238.47 Go
Contrôleur : Marvell 88SS9175
Type de modules NAND : Référence "eX2-ABL" Toggle Mode MLC/SLC 19nm synchrone
Taux de transferts séquentiels déclarés : 530 Mo/s en lecture, 445 Mo/s en écriture
Écriture 4K séquentielle maximale exprimée en IOPS : 82K
Lecture 4K séquentielle maximale exprimée en IOPS : 39K
Bundle : spacer adhésif 7->9mm, notice. SSD Toolkit à télécharger sur le site de Sandisk
Prix moyen : 165 €

Kit de transfert additionnel : SSD Conversion Kit

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Il comprend un câble SATA -> USB2, la plaque d'adaptation pour un emplacement 3.5" accompagné de sa visserie, une nappe SATA ainsi qu'une suite logicielle pour assurer le transfert.

Petit point qui chiffonne pour un constructeur comme Sandisk. Pourquoi persister à proposer une suite logicielle sur un support optique, lorsqu'il se trouve qu'aujourd'hui, beaucoup de machines pouvant profiter d'une migration comme un Ultrabook ou un netbook sont dépourvus de ces lecteurs lorsqu'on est un des fers de lance de la clef usb...Passé ce détail, vous êtes en présence de EZ Gig Iv issu d'Apricorn. Cette solution, pas nécessairement la plus réputée, a l'avantage d'être fournie sur un disque directement bootable tout en étant totalement simplifié, voire simpliste. Il reste que sa compatibilité avec les disques de tous types, du FAT32 au HFS+ lui permettent de cloner sans difficultés tous les OS tout en permettant le redimensionnement des partitions. Le choix est donc pertinent côté outil de migration.

Trouvable à 30€, son tarif et son utilité le placent dans la bonne moyenne de ce qui est normalement tarifé pour un SSD en bundle équivalent chez Crucial par exemple. L'idée d'externaliser ce type de prestation est donc plutôt pertinent.

Protocole de test

Les performances affichées ont été relevées sur l'interface SATA III native sur la carte mère suivante :
Gigabyte GA-P67-UD4 (drivers Intel RST 12.0.0.1082) – i5 2500T@2,3Ghz – 4Go
OS : Windows 7 64bits SP1, à jour au 15 avril 2013.

Protcole CystalMark 3.0.1 (x64) : résultats collectés en 9 passes sur des échantillons de 4000, 500 et 50 MB remplis de manière aléatoire. Les résultats affichés sont les moyennes des relevés pour les 3 échantillons.

AS-SSD est lancé à 3 reprises. Seuls les résultats du troisième test sont relevés.
Procotole Anvil Pro version RC3 : les tests sont effectués sur des échantillons de 8, 16 et 32 Go compressibles et non compressibles afin de stresser l’unité de stockage.


Performances sur données mixtes et compressibles

CrystalMark reste un passage obligé pour démarrer l'analyse des prestations offertes par un SSD sorti de boîte.

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Dès les premiers tours de roues, l'Ultra Plus épate pas mal la galerie. On aurait pu laisser de côté comme à l'accoutumée les résutats en accès séquentiels, peu représentatifs en général, mais cette fois, une détail étonne. Avec un taux d'écritures à plus de 400 Mo/sec, l'Ultra Plus fait méchament manger la poussière aux Intel de taille équivalente.

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En accès aléatoires 512Kb, l'ambiance se tamise, et il apparaît que le contrôleur se sent moins à l'aise dans ce scénario. Avec des résultats sympétriques, autour de 300 Mo/sec, l'Ultra Plus confirme à la fois ses bonnes dispositions aux écritures, mais aussi un certaine limite en lectures imputable aux 4 canaux du contrôleur. Le cousin Plextor, pourtant moins dense, prend beaucoup plus ses aises en lecture, et l'Intel 520 en 240 Go montre toujours sa capacité dans cet exercice où il excelle.

En accès aléatoires, c'est une nouvelle fois en écritures que les disques à contrôleur Sandforce se font plaisir sur les données compressibles, là où ils profitent au maximum de la spécificité de la puce LSI. Le M5 Pro continue, même en 128 Go à faire des étincelles, et l'on voit assez clairement qu'en lectures QD32, l'Utra Plus sait se montrer généreux, tout en se retrouvant étranglé en écritures. Les 8 canaux du contrôleur Marvell équipant le Plextor ne doivent pas être étrangers à cet écart plus que substantiel.

CrystalMark_IOPS

Comme le M5 Pro, en QD1, les résultats ne paraissent pas au premier abord très folichons par rapport à la moyenne observée des disques embarquant du SandForce ou même un Crucial M4.

Pourtant, question efficacité à la charge, l'Ultra Plus fait définitivement de très bons scores. Ne vous laissez pas duper par les pointes des Intel sous Sandforce, ce scénario aux données très compressibles n'a rien de réaliste. Il permet néanmoins de constater que notre candidat du jour est homogène en lectures et écritures, avec un bon taux d'IOPS en QD32 bien au dessus de la barre des 50K opérations dans chaque type d'accès. C'est assez remarquable, parce qu'en l'occurence, seuls les 335 et 520 de 240 Go sont dans ce cas de figure, et ne le resteront pas avec des données plus hétérogènes.


Anvil

Le passage sous Anvil est devenu une phase indispensable de notre protocole. Exigeante et complète, cette batterie de tests nous permet de dégager de manière agressive les spécificités des disques et de leurs contrôleurs soumis à rude épreuve.


Sur un bloc de données totalement compressibles

Anvil_100_16Gb

Anvil_100_32Gb

L'Ultra Plus supporte assez bien l'augmentation de la taille du fichier à traiter. En QD16, on atteint en lecture un seuil d'IOPS très intéressant en jouxtant les 68K. En écritures, la chute est plus brutale avec une stagnation entre le QD4 et le QD16.

Nettement plus "violent" que le test de CrystalMark, on ne retrouve pas la linéarité et les envolées d'un M5 Pro ou d'un 520 et à plus moindre mesure d'un 335 en écritures, mais plus l'atteinte d'un palier en terme de performances comme le M4 avec le précédent contrôleur Marvell. Cette approche plus conservatrice est compréhensible, ce sont en effet les cycles d'écritures qui jouent sur la viabilité d'un SSD et non la lecture.

Sur le bloc de 32Go, on remarque un net fléchissement des performances, mais pas de nature à entacher sévèrement l'efficacité globale du produit.

Sur un bloc de données compressibles à 46%

Anvil_46_16Gb

Anvil_46_32Gb

Le scénario de données le plus réaliste semble convenir parfaitement au disque. Les résultats sont en tous points équivalents à ceux connus plus haut. La stabilité a du bon. Même si Sandisk annonce dans ses datasheets que la déclinaison 256 GB délivre 39K IOPS en lecture et 82K en écritures. Question écritures, en QD16, on y est pas. Par contre, en lectures, le chiffre annoncé tient effectivement la route.

Sur un bloc de données incompressibles

Anvil_0_16Gb

Anvil_0_32Gb

Un sans faute ici, dans le pire des scénarios probable pour notre protocole Anvil, l'Ultra Plus ne déçoit pas, et reste à des performances égales au scénarion le plus simple et confortable. Le firmware semble sain côté tenue des performances, et n'a pas été pris en défaut pour l'instant.


Petite confirmation de tout ça avec un passage de AS SSD face au reste de la bande :

AS_SSD_SATA_III

Oubliez tout de suite le résultat en lecture séquentielle, comme d'habitude il ne signifie rien en terme d'usages réels. Le taux d'écriture séquentielle est quant à lui beaucoup plus surprenant dans l'absolu, mais beaucoup moins lorsque l'on connait le degré de parenté avec la NAND du M5 Pro. Très clairement, Samsung n'est désormais plus le seul à offrir des performances brutes en écritures.

Côté accès aléatoires, c'est tout bonnement excellent pour un disque de cette catégorie. La faiblesse en écritures aléatoires en 64 threads peut s'expliquer par les économies concédées côté largeur de bus et buffer. Le "petit" M5 Pro fait bien mieux à densité plus faible, mais avec un côté contrôleur plus musclé et armé. Pas de secret donc, on en a pourtant pour ce que l'on paie. Les Intel sous contrôleur LSI font mieux à ce jeu là, mais se montrent bien timides en lectures aléatoires, pénalisés par les tours de passe-passe de la compression à la volée du contrôleur inopérants ici.

Quid des 82K annoncés en écritures alors ? Poussé en QD64, on atteint dans les 78K sous AS-SSD. Pas vraiment loin de ce qui est annoncé et pas sincèrement grave non plus pour un disque qui n'est pas censé héberger de grosses bases de données en environnement serveur.

De manière générale, cela fait un mélange assez savant qui donne une image du disque très équilibrée par rapport à ce qui peut se trouver dans le même ordre de prix, ou dans le même ordre d'espace disponible. Un choix intelligent de la part de Sandisk.


Endurance du disque

Rempli plusieurs fois à plus de 90%, l'Ultra Plus a passé les 2 premières bulles de digestion sans problème après s'être enfilé 887.67 Go de données distribués en 285 360 fichiers de toutes tailles et 2800 cycles de lecture / écriture. Tout va bien, SSD Toolkit nous annonce que le disque reste au vert.

Graph_usureTableau_usure

Excellente nouvelle, le disque est stoïque face à la torture avec un taux moyen de performances positif, représentant une varia infinitésimale équivalente à un taux d'erreur acceptable dans les résultats. En gros, plein ou vide, il fonctionne de manière totalement identique avec des performances préservées.

De fait, le TRIM est pour le moins indolore puisque...le disque ne perd rien de ses capacités !


160 € pour 238 Go disponibles et des performances on ne peut plus honnêtes. 2013 a enfin les couleurs que l'on attendait pour les SSD, qui, il faut l'avouer, stagnent plus qu'ils ne progressent dans beaucoup de segments. La consolidation des performances proposée par Sandisk à un prix serré est un choix qui paie, qui paie doublement même. Débarrasé de l'uniformité Sandforce, et épaulé d'une NAND tout à fait capable en écritures et lectures, on trouve un disque homogène, pêchu sans être flatteur.

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Efficace, il est au final le digne héritier d'un Crucial M4, qui peinait toujours à trouver un successeur. C'est chose faite de bien belle façon, puisque les concessions accordées en terme de ciblage du produit sont ou prou les mêmes dans les deux maisons : garder la main sur le firmware et profiter des synergies de production pour la NAND afin d'offrir le meilleur rapport qualité prix sans fioritures.

Cela signifie aussi qu'il est encore possible de faire autre chose, et de surprendre. Certes Sandisk n'est pas un nain, mais autant être honnête, la marque partait avec du retard et pas nécessairement avec uen gamme remarquable en 2012. Il y a donc encore de la place pour faire bouger les lignes et mettre de côté des rouleaux compresseurs qui ronronnent désormais sur leurs marges et/ou leur contrôleur, et c'est aussi la preuve qu'un travail d'ingenierie sur le firmware ne doit pas se solder par une valse des révisions pour proposer quelque chose de correct.

Nous pourrions être toutefois un tant soit peut tatillons sur l'obscurantisme autour des spécifications de la NAND, et...nous le serons quand même.

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Certes garanti 3 ans, il est certain qu'avoir l'assurance de voir son précieux disque remplacé est rassurant. Il reste que le voir disparaître et planter n'est jamais réjouissant, ni agréable. Pour être très clair, la garantie, c'est gentil, mais de préférence, on aimerait s'en passer d'y recourir pour nos chers SSD. Pour ce faire, le MTBF reste une donnée trop floue pour savoir comment profiler l'usage du disque, et le rating de la mémoire reste une information utile et de bon augure. C'est pourquoi nous nous permettons d'insister, mais pas uniquement pour Sandisk, pour fournir une information la plus complète possible au consommateur sur les spécifications des modules et les taux d'usage recommandés. alt

En tous cas, le viellissant M4 a probablement trouvé son successeur avec l'Ultra Plus, bon partout, mauvais en rien, maintenant seul le temps, les ventes et le SAV permettront de vérifier si le ratio qualité prix tiendra la distance. Bravo Sandisk !

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fleche Performances stables, disque efficace
fleche Aussi bon vide que plein
fleche Positionnement tarifaire hors pair

flecheTolérance à l'usure de la NAND ?
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